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L’Action de Formation en Situation de Travail (AFEST)


Le projet de loi « Avenir professionnel » indique que l’action de formation, définie comme « un parcours pédagogique permettant d’atteindre un objectif professionnel », peut être réalisée en situation de travail.

 

Attention, l’AFEST ne consiste pas à un apprentissage « sur le tas ». Comme toute autre modalité de formation, elle se doit d’être formalisée, de respecter certaines conditions pour être efficace.

 

Le rapport final sur l’expérimentation de l’action de formation en situation de travail publié en juillet 2018 par la DGEFP, le Copanef, le Cnefop, le FPSPP et l’Anact donne de précieuses indications, s’appuyant sur des expérimentations menées dans 50 entreprises de tous secteurs.

 

 

Voyons en synthèse quelles sont ces recommandations…            


1-      Comment mettre en place une AFEST, quelles conditions respecter, quel formalisme ?


L’ingénierie en amont de l’action


     Il faut tout d’abord s’assurer que c’est bien la meilleure modalité pédagogique permettant d’acquérir la compétence. Les activités concernées par l’AFEST doivent être riches et variées, fréquentes, organisées dans une logique de complexité croissante et où on a droit à l’erreur (pas de formation en situation de travail avec du matériel dangereux par exemple).

 

 

Il faut ensuite s’assurer que les conditions de réussite sont réunies : adhésion de la direction et de l’équipe encadrante, mais aussi prise en compte des contraintes d’activité.

 

Comme pour toute action de formation, il faut définir le positionnement à l’entrée en formation (compétences acquises) et le niveau souhaité à l’issue de la formation (les compétences à acquérir en formation).

 

Avec l’AFEST, vous ne pouvez pas passer à côté de la rédaction du contenu de la formation, mais aussi d’un scénario pédagogique et la définition des moyens nécessaires. Vous devez en effet mesurer précisément le temps nécessaire à la préparation de la formation, à l’animation et au suivi.

 

Enfin le choix du formateur doit respecter certains critères : il doit être basé sur le volontariat et l’envie ; l’expertise des formateurs est essentielle car elle facilitera la légitimité vis-à-vis de l’apprenant ; enfin, le positionnement par rapport au formé est un élément important à prendre en considération (il faut par exemple éviter le manager de proximité qui peut être perçu uniquement comme un évaluateur).

 


Le contenu


Deux séquences composent l’AFEST :

 

-          Une mise en situation de travail préparée, organisée et aménagée à des fins didactiques

 

-          Une séquence réflexive animée par un tiers afin de donner du sens à l’action, consolider les savoirs, permettre aux apprenants d’identifier et de verbaliser les compétences qu’ils détiennent.

 

 

Il s’agit d’apprendre en situation de travail, mais surtout prendre de la hauteur par rapport à cette situation de travail.


La preuve de la réalité de l’action de formation


La feuille d’émargement n’est pas adaptée pour ce type d’action de formation. Il faut donc envisager d’autres preuves qu’il faudra fournir notamment aux organismes financeurs. Il pourra s’agir par exemple d’une grille de questionnement lors de la séquence réflexive, un descriptif de la situation de travail, un questionnaire d’évaluation…


2-       Les effets  de l’AFEST


Selon le rapport sur l’expérimentation de l’AFEST, les effets de celle-ci seraient bénéfiques à plusieurs niveaux.

 


Les gains sur le développement des compétences


Chez les apprenants, l’AFEST permet un développement des compétences très rapide.

 

Ceci est dû à  la combinaison de la mise en situation et de la séquence réflexive qui permet aux salariés de prendre conscience de ce qu’ils sont en train d’apprendre et donc de pouvoir le répéter lorsqu’ils sont seuls.

 

C’est aussi dû au fait que les AFEST sont adaptées au mode d’organisation de l’entreprise et aux outils de travail spécifiques.

Enfin, cette modalité pédagogique est plus adaptée aux publics éloignés de la formation classique, qui ont des difficultés avec les modalités traditionnelles d’apprentissage.

 

Chez les formateurs également l’AFEST est bénéfique puisqu’elle permet de développer leurs compétences techniques (en s’interrogeant sur leurs pratiques) mais aussi leurs compétences pédagogiques (en innovant sur la manière de transmettre).

 

 


Des bénéfices sur l’organisation du travail


Au-delà de la réflexion sur la situation de travail, la séquence réflexive permet une réflexion sur l’organisation du travail, sur la relation inter-services …

 

 

Cette nouvelle façon d’apprendre peut donner envie à d’autres salariés de devenir formateurs et permettre ainsi de développer au sein de l’entreprise la culture de « l’apprentissage par le faire ».


Les conclusions très positives de ce rapport permettent d’envisager l’utilisation des AFEST dans le cadre des contrats en alternance. Il pourrait s’agir par exemple de développer la séquence de mise en situation dans l’entreprise et la séquence réflexive en organisme de formation.

 

 

Cette expérimentation donne les premiers contours de l’Action de formation en situation de travail. Il s’agit maintenant de définir les modalités concrètes de mise en œuvre et mettre en place les conditions  favorisant la reconnaissance de ces formations par les organismes financeurs.



Edwige Zarié, Co-fondatrice et Directrice Générale AE Pro

 

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